Journal · 24 octobre 2026
Régression du sommeil à 4 mois : ce qui se passe vraiment (et comment la traverser)
Il faisait de belles nuits. Tu commençais à y croire. Tu avais même rangé le deuxième biberon de nuit, et raconté à ta mère, un peu fière, qu’il dormait « de 20 h à 5 h ».
Et puis, du jour au lendemain, plus rien. Il se réveille toutes les deux heures. Parfois plus. Tu te retrouves à 2 h 40 debout dans le noir, à le bercer en te demandant ce que tu as cassé.
Tu n’as rien cassé. C’est la régression du sommeil des 4 mois. Et ton bébé n’a rien perdu : il est en train de gagner quelque chose.
Moi aussi, j’ai cru que tout était fichu
Mon fils avait 4 mois et demi quand j’ai repris le travail. Pile au moment où ses nuits se sont effondrées.
Je te laisse imaginer l’état de mes cernes au moment de faire bonne figure au bureau, moi la directrice, celle qui rassure les parents le matin. Je connaissais la régression des 4 mois par cœur. Sur le papier. Le savoir ne m’a pas fait dormir une minute de plus.
« Régression » : le mot est mal choisi
Le terme n’a rien d’officiel, même si tout le monde l’utilise. Il désigne une période où bébé dort soudain moins longtemps, ou moins bien, que d’habitude.
Ces périodes existent bel et bien. Elles arrivent à des âges assez précis, parce qu’elles sont liées à son développement.
Sauf qu’il ne recule pas du tout. Il avance. Et quand un bébé avance très vite, ses nuits ont du mal à suivre. (Un peu comme toi la veille d’un grand changement, en fait.)
Ce qui se passe dans sa tête à 4 mois
Il apprend à se retourner. Son corps est en plein chantier, et le cerveau adore réviser la nuit ce qu’il a appris le jour. Certains bébés se retrouvent sur le ventre à 3 h du matin, très fiers d’eux, et furieux de ne pas savoir revenir.
Il babille. Il découvre sa voix, il la teste. Y compris quand tout le monde dort.
Il a besoin de toi. Il comprend mieux ce qui l’entoure, et il a besoin de vérifier que sa sécurité, c’est-à-dire toi, est toujours là.
Son sommeil s’organise autrement. Vers cet âge, ses nuits se découpent en cycles plus proches des nôtres. Entre deux cycles, il y a un micro-réveil. S’il ne retrouve pas les conditions dans lesquelles il s’est endormi, il t’appelle.
Combien de temps dure la régression des 4 mois ?
Le plus souvent, entre 2 et 3 semaines. Parfois jusqu’à 5.
Oui, je sais. Quand tu dors par tranches de 90 minutes, trois semaines, c’est un semestre.
Si ça dure nettement plus longtemps, ce n’est probablement plus la régression. Il se passe autre chose : une dette de sommeil qui s’installe, des siestes trop courtes, un coucher trop tardif. Ça se regarde de près.
Et si tu reprends le travail en plein milieu ?
C’est là que le calendrier est cruel : beaucoup de mamans reprennent le travail entre 3 et 5 mois. Pile au moment de cette régression.
Si c’est ton cas : ce n’est pas la crèche qui a « cassé » ses nuits, et ce n’est pas toi. Deux changements tombent en même temps. Ils s’additionnent, puis ils passent. J’en parle en détail dans Mon bébé se réveille la nuit depuis que j’ai repris le travail.
5 gestes pour traverser la régression sans le laisser pleurer
1. Laisse-le s’entraîner le jour. Du temps sur le ventre, sur un tapis, plusieurs fois par jour. Plus il pratique le retournement en journée, moins il a besoin de le réviser à 3 h du matin.
2. Guette les vrais premiers signes de fatigue. Pas les pleurs : à ce stade, il est déjà trop fatigué. Regarde plutôt les petits clignements des yeux, le regard qui se perd, l’intérêt qui baisse pour les jouets. C’est là qu’on couche.
3. Avance le coucher si les siestes ont été courtes. Un bébé qui a peu dormi le jour dort moins bien la nuit. Ça paraît absurde, et pourtant c’est ce qui se passe. Entre 2 et 4 mois, il a besoin en moyenne de 14 à 17 heures de sommeil sur 24 heures.
4. Console-le, sans tout changer. Réponds à ses réveils, bien sûr. Mais évite d’installer dans la panique une nouvelle façon de l’endormir que tu n’as pas envie de garder dans six mois. La régression passe, les habitudes restent.
5. Sécurise son lit. Dès qu’il commence à se retourner, on arrête l’emmaillotage. On le couche toujours sur le dos, dans une gigoteuse, sur un matelas ferme, sans tour de lit, sans oreiller ni couverture. S’il se retourne seul sur le ventre et qu’il sait revenir, on peut le laisser.
Le sommeil de mon bébé, de 0 à 5 ans détaille chaque régression, les besoins de sommeil âge par âge, les rituels du coucher et le massage bébé. Avec des tableaux lisibles à 3 h du matin, d’un seul œil.
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Trois semaines de nuits hachées, c’est long. Les yeux qui piquent à 10 h, la patience qui fond à 18 h, l’envie de pleurer quand il se réveille pour la quatrième fois.
Alors pendant cette période, baisse le niveau d’exigence sur tout le reste. Le linge peut attendre. Les invitations aussi. La seule mission, c’est que vous passiez cette période tous les deux. Et si tu peux passer le relais une nuit ou deux, fais-le. Sans culpabilité.
Questions fréquentes
La régression des 4 mois touche-t-elle tous les bébés ?
Non. Certains la traversent sans que ça se voie, d’autres la vivent très fort. Les deux sont normaux.
Y a-t-il d’autres régressions après ?
Oui. On en observe souvent autour de 6, 8, 10, 12, 18 et 24 mois, à chaque grande acquisition : se déplacer, se mettre debout, marcher, parler.
Faut-il lui donner à manger à chaque réveil ?
Pas forcément. Certains réveils sont liés à la faim, d’autres au besoin de réconfort. Observe s’il boit vraiment ou s’il cherche surtout le contact, et parles-en avec ton pédiatre si tu as un doute.
Cet article est un contenu d’information et de bien-être. Il ne remplace pas l’avis de ton médecin, de ta sage-femme ou de ton pédiatre.
Mélanie – Infirmière D.E., sophrologue périnatale, experte sommeil bébé 0-5 ans. Ancienne directrice de crèche pendant 10 ans. Maman de 2 enfants. Fondatrice d’Essence Maternelle®.